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5 (faux) freins à la digitalisation

En France, c’est bien connu, on aime les paradoxes. Alors que tout le monde sait que la mutation numérique est en marche, on énonce toujours des freins pour justifier l’absence de stratégie digitale. Voici le top 5 des arguments les plus répandus du côté des dirigeants pas encore connectés, et des pistes de réponses.

1/ Je ne sais pas par où commencer.

Cet argument rarement énoncé tel quel, est pourtant souvent ressenti par les décisionnaires. On sait que le chantier est immense, et on peut être découragé d’avance de ne pas savoir comment commencer concrètement sa digitalisation. Il y a aussi quelques complexes face aux grandes entreprises qui ont pris le tournant digital depuis longtemps.

Une bonne réponse peut être de partir des besoins : en analysant les objectifs de son entreprise, on peut facilement déterminer un à trois axes prioritaires pour l’avenir. Qu’il s’agisse de rassurer ses clients sur un sujet en particulier, de mettre en avant un produit phare, de lancer une nouvelle gamme, on peut construire une solution numérique qui servira l’un de ces objectifs. Pas besoin de commencer par une refonte globale de l’ensemble de son système, c’est la meilleure manière de se noyer.

2/ Je n’y connais rien, et je n’ai pas d’affinités avec le web.

La peur du changement entraîne le rejet. Faute de comprendre, il est plus confortable de se dire que le web est un univers à part dont on peut se passer. Cette stratégie de l’autruche se heurte à la réalité des usages : le monde est connecté, et tous les secteurs sont concernés. On peut aussi se dire que le web est une culture réservée à une autre génération. Là encore, les pratiques démontrent le contraire. Mais alors comment susciter l’envie du web, et ne pas le vivre comme une contrainte ? Cela se joue à une échelle individuelle. Le web n’est pas un objet à part, c’est une culture qui irrigue l’ensemble de nos sujets. Une piste peut être de partir de ses passions, de ce qui nous fait vibrer en tant qu’individu, pour trouver sa résonnance sur le web. Ne pas avoir peur d’apprendre, de poser des questions, de se tromper. Comme dans la vie, en fait…

Crédit Flickr / Adrian Serghie

Crédit Flickr / Adrian Serghie

3/ Je n’ai ni le temps ni l’argent pour me mettre au web.

C’est un fait, le monde numérique est chronophage. Quand on ne le connaît pas, il y a un temps d’apprentissage qui n’est pas négligeable, comme lorsqu’on apprend une nouvelle langue. Ce temps est un investissement qui sera rentable par la suite : car une fois digitalisée, l’entreprise est plus habile pour rationnaliser ses process et gagner du temps.

Quant au budget, là encore, la digitalisation est trop souvent perçue comme une dépense plutôt que comme un investissement. Dans une étude récente, le cabinet McKinsey évalue à 40% l’augmentation brute potentielle du résultat opérationnel pour une entreprise qui réussit sa mutation numérique. La digitalisation n’est pas seulement un passage obligé, c’est un moyen d’obtenir des résultats, et de les mesurer avec précision.

4/ Mon activité se fait sur le terrain, et pas du tout sur le web.

On a aussi : « Le web, c’est du virtuel : je préfère le relationnel » ou « mes clients ne sont pas connectés » (argument faux : tout le monde est connecté, d’une manière ou d’une autre). C’est la fameuse distinction entre le « monde virtuel » et le « monde réel ». On peut avoir l’impression qu’une présence numérique supplante une relation client sur le terrain, et participe à la perte du contact commercial. C’est exactement le contraire : le digital sert à préparer, optimiser et enrichir les relations de terrain. Les chiffres prouvent que tous les publics sont connectés, on peut donc les capter sur le web et transformer l’essai IRL (In The Real Life).

5/ Je crains pour la réputation de l’entreprise.

La digitalisation rime avec l’interaction et l’exposition. En entamant sa stratégie de présence en ligne, l’entreprise accepte les règles du jeu numérique, à savoir l’horizontalité. Elle n’est plus un émetteur qui assène un message à des récepteurs passifs, elle se met au même niveau que ses publics et accepte de partager et de dialoguer avec eux. Le spectre du « bad buzz » (un phénomène de bouche-à-oreille négatif) peut faire peur, mais il est en réalité souvent alimenté par une méconnaissance du web. De plus, un bad buzz si il est bien géré n’est pas dramatique pour l’entreprise. Une actualité chasse l’autre, et le web a très mauvaise mémoire.

La règle est de bien s’entourer pour comprendre ce qu’on peut et ne peut pas faire, pour prévenir les risques tout en améliorant la notoriété de l’entreprise. Car il y a bien plus à gagner qu’à perdre !