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« Notre présence web prépare le travail des commerciaux »

Interview de Christophe Campuzan, co-fondateur de MyMarseille.com.

Christophe Campuzan, vous avez créé le site MyMarseille, qui ré-invente le métier d’agent immobilier sur le web. Pourriez-vous nous en dire plus ?

On est partis d’un constat : les sites immobiliers ne sont pas au niveau des attentes des clients. Mauvaises photos (quand il y en a), ergonomie inexistante, pas de géolocalisation, c’est le lot de la plupart des sites d’agences. Or le travail de l’agent immobilier, c’est de proposer des biens de qualité, et son travail est grandement optimisé si les clients peuvent préparer leur sélection en ligne. En offrant une vitrine digitale optimale aux biens immobiliers, on permet à l’utilisateur de présélectionner des biens et de ne pas perdre de temps en visitant des choses qui ne lui conviennent pas.

A partir de cette analyse, nous avons pris le temps de construire un site orienté utilisateur, MyMarseille. Les annonces incluent des visuels en haute définition, des visites à 360 degrés, des plans 2D et 3D pour que le visiteur puisse appréhender l’espace, éventuellement projeter des travaux, des aménagements. La géolocalisation permet de situer précisément l’emplacement du lieu (à 100 mètres près), parce que ça aussi c’est essentiel.

Nous sommes aujourd’hui une équipe de 45 personnes. Quatre ans après le lancement du site, les clients sont emballés, et malgré l’attente de quelques ajustements ergonomiques prévus pour une deuxième version, le site est toujours plébiscité.

Dans les coulisses de MyMarseille

Dans les coulisses de MyMarseille

L’impact du digital dans votre secteur s’est il traduit plutôt par un bénéfice consommateur ou par l’amélioration des ratios des agences ?

Ce sont les deux qui ont été bouleversés. En offrant aux clients la possibilité de présélectionner les biens, on fait gagner du temps à tout le monde. Les agents peuvent se concentrer sur l’essentiel. Plus on arrive à apporter une plus-value au client à travers cette vitrine digitale, plus on élève le niveau, et plus on vend.

Cette valeur ajoutée s’exprime aussi à travers les services que nous offrons sur le web : des articles utiles et pertinents dans notre webmagazine aux interactions avec nos clients sur les réseaux sociaux. La page Facebook  « I Love My Marseille » rassemble plus de 30 000 fans. On y partage des contenus liés aux offres, des conseils, mais aussi des bonnes adresses et les bons plans de l’équipe. Quant au webmagazine, il concilie des thèmes comme la vie de quartier, l’urbanisme, la législation, c’est maintenant un média à part entière. Grâce au web, nous déployons nos valeurs de partage et de convivialité et leur donnons de la visibilité.

Dans une activité réglementée comme l’immobilier, l’intégration du digital a-t-il posé des conditions particulières ?

L’immobilier est un secteur économique particulier : c’est le seul dans lequel les professionnels sont en concurrence avec les particuliers, et les professionnels n’ont pas réussi à créer de la valeur qui leur permette de se différencier. Le digital doit permettre de conforter notre rôle sur le marché, en développant des axes stratégiques comme l’exclusivité.

Dans les agences traditionnelles, en général, l’exclusivité représente 15% des biens. Chez nous, c’est 55%. C’est un cercle vertueux : plus on nous propose des biens en exclusivité, plus on communique sur le web pour les mettre en valeur (car on a moins peur que cette publicité serve à un concurrent), et donc plus on nous fait confiance.

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MyMarseille présente la particularité d’intégrer les codes du web, comme la mise en ligne gratuite d’annonces ou la mise en valeur des biens. Comment ces innovations sont elles accueillies par vos clients et confrères ?

Le site a été bien accueilli, car c’est tout le paradoxe des agences traditionnelles : elles savent ce qu’il faut faire, mais ne le font pas. Un exemple concret porte sur notre logiciel de gestion des biens. Quand nous nous sommes lancés sur le marché, nous avons cherché en vain un logiciel performant et adapté, avant de finir par en créer un nous-même.

Plusieurs facteurs bloquent les agences dans leur mutation numérique : peur d’échouer, de mal faire, elles ne savent pas où commencer. Elles s’appuient sur un maillage hyper local du territoire, qui leur permet de se maintenir, même si des start-up viennent les challenger en offrant de nouveaux services aux clients. Les pratiques s’en trouvent bouleversées : par exemple, sur MyMarseille, on agrège les annonces de particuliers avec nos propres mandats. C’est quelque chose de totalement nouveau dans ce secteur.

Enfin, quelles sont les relations directes entre la présence en ligne et la performance hors ligne ?

Je tiens à dire que MyMarseille n’est pas un pure player du web, et on est tout sauf une agence virtuelle. Le métier (et il est difficile) se fait d’abord sur le terrain, avec des commerciaux formés et convaincus. La différence avec le web, c’est qu’on double la productivité. Notre présence web prépare le travail des commerciaux, nous outils sont modernes et favorisent une grande réactivité et la maîtrise du temps. On a toutes les informations en temps réel. Le digital ne suffit pas à faire le travail, mais il est indispensable pour maintenir et accroître nos performances.

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