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« Les MOOC, une opportunité pour se former à l’heure du digital »

Le digital fait bouger les lignes de l’apprentissage, dans son sens le plus large. Le MOOC ouvre de nouvelle perspectives, notamment pour le domaine de la formation continue, sujet capital pour les entreprises. Nous avons interrogé Catherine Mongeret, chargée de mission FUN, sur tout ce qu’il faut savoir sur ce nouveau format.

Pourriez-vous nous présenter la plateforme FUN ? 

La plateforme FUN (France Université Numérique) est née en 2013, à l’initiative du Ministère de l’Enseignement Supérieur et des établissements de l’enseignement supérieur français. L’ambition d’une telle plateforme est de permettre à tous les publics, où qu’ils se trouvent dans le monde, d’accéder à un large panel de cours dans toutes les disciplines.

La plateforme a été lancée sur un modèle agile, à la manière d’une start-up. Deux ans plus tard, nous rassemblons près de 140 cours différents (certains en français, d’autres en anglais ou français sous-titrés), avons lancé 200 sessions de MOOC qui ont totalisé plus d’un million d’inscrits.

Qu’est-ce qu’un MOOC, et comment est-ce que ça fonctionne ?

Un MOOC est un cours en ligne. Chacun peut s’inscrire à un ou plusieurs cours via son compte utilisateur. Chaque cours s’étend sur une période de 6 à 8 semaines, et on sait d’avance l’effort qui sera nécessaire (par exemple, 4 heures par semaine). Chaque lundi, les professeurs mettent en ligne les contenus de la semaine : cours avec vidéo, quizz, exercices, documents complémentaires... L’utilisateur est ensuite libre de travailler quand il le souhaite.

MOOC plateforme FUN

Que savez-vous aujourd’hui sur les utilisateurs de la plateforme et leurs attentes ?

Tout d’abord, on constate que le travail collaboratif est plébiscité : échanges sur les forums, partages d’expériences… L’idée, c’est de travailler ensemble. Du côté des profils d’utilisateurs, il y a un bon équilibre hommes (53%) et femmes (47%). Idem pour l’âge, ils couvrent une vaste tranche allant de 18 à 65 ans, et plus de 60% ont entre 25 et 50 ans. Il y a des étudiants, des professionnels, qui cherchent à approfondir leur culture générale ou à se former dans un domaine particulier.

Autre point à noter : en 2013 la France Métropolitaine était prédominante, alors qu’aujourd’hui le spectre s’élargit. L’Afrique est notamment bien représentée avec 17% d’utilisateurs, qui se montrent particulièrement motivés et demandeurs (attestation certifiante).

Le MOOC est en train de s’imposer comme un tout nouveau format. En quoi le digital peut-il favoriser l’apprentissage ?

En réalité, les MOOC sont une nouvelle forme de formation à distance. Ils renouvellent complètement le genre, et transforment les pratiques à l’université et dans l’entreprise. Côté université, ces nouveaux cours sont en train de faire muter les cours traditionnels. En se substituant aux cours magistraux, les MOOC permettent aux professeurs d’employer les heures de cours à des contenus plus interactifs. Les étudiants sont invités à visionner le MOOC avant le cours, puis pendant le cours, ils peuvent poser leurs questions, demander de creuser certains points, faire des exercices pratiques… L’enseignant peut renforcer le travail sur projet ou l’analyse d’études de cas. C’est donc aussi dans la réalité qu’un nouveau format est en train de s’inventer.

Du côté des entreprises, les DRH sont en train de réaliser que ces nouveaux cours en ligne sont des outils de formation continue. Ils constituent une nouvelle passerelle entre l’entreprise et l’université. Les entreprises peuvent se tourner vers les Universités pour demander des exemples adaptés à l’entreprise, pour que les MOOC répondent précisément aux besoins des collaborateurs.

Quelles sont les thématiques qui rencontrent le plus de succès ?

Les MOOC sur des sujets numériques ou informatiques fonctionnent très bien, ceux de droit également, ainsi que des MOOC sur des sujets aussi différents que la philosophie ou le développement durable. Mais le succès d’un MOOC ne dépend pas de son nombre d’inscrits : il y a des thématiques très ciblées qui vont combler les attentes d’un public en particulier. Santé, langues étrangères, sciences, management, entreprenariat, économie… les sujets sont très larges, chacun peut trouver des sujets en phase avec son secteur d’activité ou ses intérêts.

Quel avenir pour la plateforme FUN ?

En 2013, nous en étions au stade du projet expérimental incubé au Ministère. 2014 a marqué le succès de FUN, et nous avons besoin de nous développer. Début septembre 2015, un groupement d’intérêt public a été créé pour faire vivre le projet. Nous sommes donc en pleine expansion, avec plusieurs terrains pour travailler en priorité : la francophonie, la formation continue, la mise en place de certification pour valider les acquis réalisés grâce aux MOOC.

Notes & références