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« Ma marque est d’abord une communauté »

Interview de Julia Roubaud, fondatrice d’Envouthé.

Julia Roubaud, racontez-nous en quelques mots l’histoire d’Envouthé ? Êtes-vous une accro au thé qui s’est mise au web, ou l’inverse ?

Je suis d’abord accro aux gens et au web ! J’étais consultante en social média lorsque j’ai eu l’idée, en 2010, de créer une communauté autour du thé. Le thé rassemble ce que j’aime le plus dans la vie : l’artistique, le spirituel, le goût. Après une solide formation et un an de préparation, j’ai lancé Envouthé en 2012. Le concept est celui d’une box dédiée au thé : on s’abonne sur le site et chaque mois on reçoit une sélection de 5 à 6 variétés de thé et infusion autour d’un thème.

 

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Votre marque est née sur le web : est-ce par contrainte ou par stratégie ?

Plus qu’une contrainte, c’était une évidence. Le web, c’est mon domaine de compétence. Depuis le début c’est la notion de communauté qui est au coeur de mon projet, plus que celui de box qui s’est imposé dans un second temps comme le modèle économique le plus adapté. Et puis n’oublions pas l’essentiel, le web permet à nos clients d’avoir accès à des références de thés qu’ils ne peuvent pas trouver près de chez eux.

Quels sont les profils de vos clients ? Comment utilisez-vous les réseaux sociaux pour animer cette communaut(h)é ?

Les trois quarts de nos clients sont des femmes, mais de plus en plus d’hommes se mettent aussi à boire du thé « sans complexe ». C’est une évolution qu’on constate dans tout le secteur, et c’est réjouissant ! Nous sommes très présents sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest) où nous publions quasi quotidiennement. Mais la communication va dans les deux sens : les abonnés remontent leurs avis sur les thés, partagent leurs photos, proposent des conseils de dégustation. Cette émulation collective donne l’opportunité à chaque membre d’affiner ses goûts en matière de thé, et c’est ce qui compte le plus.

L'équipe Envouthé

L’équipe Envouthé

Le concept des box rencontre un succès grandissant. Pourtant, l’idée est loin d’être évidente, puisque les clients font un pari (il ne connaissent pas le contenu de chaque box). Est-ce emblématique des nouveaux modes de consommation portés par le digital ?

Tout à fait. La box est un modèle de consommation qui a pu émerger grâce au digital. C’est une autre forme d’achat groupé : tout le monde achète le même contenu en même temps, et cet engagement collectif a quelque chose de rassurant et de convivial. On est nombreux à acheter la même chose, et on va pouvoir échanger sur ce qu’on aura reçu.

L’autre facteur qui compte, c’est l’effet de surprise : les gens adorent les surprises ! Cela implique effectivement une prise de risque, et c’est pour cela que la confiance est essentielle. Si on fait confiance à la marque qui va se charger de la sélection, alors on joue le jeu. Les acteurs qui arrivent sur le marché de la box par effet de mode et sans passion pour le produit sont vite exclus de la partie.

Comment voyez-vous l’évolution d’Envouthé dans dix ans ?

J’envisage la création d’un lieu physique, une boutique dédiée. Et je vois encore plus de moyens de faire vivre la communauté, un côté plus éducatif pour informer et démocratiser le thé.

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